Saint Antoine le grand dit : « la seule prière est celle où l'on ne sait plus que l'on prie ! » Pour en arriver là (si on y arrive), il y a des étapes. Chaque tradition a les siennes. Dans toutes les traditions demeurent une chose : plus l'homme se rapproche de Dieu, plus il se tait, plus il écoute pour finir par réaliser le premier commandement : Shema Israël !
Ecouter, c'est plonger dans la profondeur, dans l'unité de l'Etre, devenir Un avec le moment présent qui contient l'immuable et l'indicible. Dans chaque cœur d'homme se trouve cette nostalgie de l'union...
« La plus grande souffrance de l'homme » dit Graf Dürckheim, « c'est d’être étranger à lui-même, c'est là son mal le plus profond. » Cette souffrance est telle, que l'homme ne cesse de chercher... et cette recherche a donné naissance à tous les chemins et aux différentes traditions spirituelles de l'humanité qui veulent nous reconduire vers le paradis perdu. « Celui qui cherche trouve » dit Jésus.
On trouve toujours ce que l'on cherche de « tout son cœur » ... Même si « les demeures sont nombreuses, les chemins pour y aller sont souvent très ressemblants. Dans toutes les grandes traditions se retrouvent trois axes :
1/ Le chemin personnel : « La pratique, c'est l'intensité de la vigilance permanente. » Rien, sans polarisation et exercice permanent...
2/ Le chemin communautaire : « L'œuvre commune » la liturgie. La prière nourriture. Créer les liens fraternels en « rabotant » nos ego pour qu'émerge la « personne » prémisse d'une humanité nouvelle. C'est le levain dans la pâte...au jour le jour...
3/ Le chemin du service : C'est le « sacrement du frère » qui vérifie et authentifie notre engagement. C'est le partage et l'entraide sous toutes ses formes. Les œuvres de « charité » auprès du prochain.
Une des caractéristiques du chemin personnel, c'est le « mantra ». Ce mot, bien connu de nos jours en occident, est un terme indien qui signifie la répétition incessante d'une formule brève. Ceci a pour effet de faire taire le mental et de mettre en présence du mystère invoqué. Comme dit le psaume 1 :
« Heureux l'homme qui murmure la parole jour et nuit. » La répétition d'une phrase, d'un mot ou d'une prière courte rassemble peu à peu toutes les énergies vers le centre de l'Etre. Le corps lui-même se ré-harmonise dans son architecture énergétique et va aider et favoriser la concentration sur le « mantra ». L'idée, est de murmurer sans cesse ce « mantra », de le répéter en soi, pour que peu à peu, la Parole s'incarne.
Toutes les traditions s'accordent sur la puissance du saint Nom. En Inde, c'est « Nama japa », la répétition du saint Nom de Dieu, soit seul ou dans une formule qui contient le Nom. Dans le Bouddhisme, c'est le « Nembutsu », une formule d'hommage au buddha Amida ( Amitābha, en sanskrit), dont il existe même une forme dansée... Dans le soufisme, c'est le « Dhikr », la formule classique étant : « La illah ill Allah » (Pas de Dieu en dehors de Dieu.), formule que l'on retrouve dans les psaumes « Il n'y a pas d'autres dieux que Toi. »