Un jour, un scarabée croise sur sa route un mille-pattes… Etonné du mouvement régulier et souple des « mille » pattes, le scarabée demande alors à ce dernier : comment fais-tu pour poser la 243ème patte et en même temps soulever la 843ème sans te tromper ? Le mille-pattes se met alors à réfléchir… et il s'emmêle les pattes !
Nous passons notre temps à réfléchir sur le sens de notre vie, sur les solutions à nos problèmes, sur la manière de vivre en harmonie et… nous ne vivons plus ! Le mille-pattes, c'est moi ! Le processus de la vie se déroule de lui-même… ce qui est demandé, c'est d'être présent à ce processus, c'est à dire d'arrêter d'y réfléchir tout le temps, mais de commencer à le vivre.
Pour cela, il y a la « méditation sans objet ». Karlfried Graf Dürckheim parle de la méditation « dans le style zen ». Que veut dire « style zen « ? En fait, pour Karlfried Graf Dürckheim et pour le père Alphonse Goettmann, il s'agit avant tout de respecter très précisément une manière d'être assis qui s'apparente à ce que l'on appelle au Japon le « zazen ». Être assis « dans son bassin » bien posé sur le sol, et maintenir une juste tension dans la colonne vertébrale. « Sois comme une corde de violon réglée sur une note juste, sans alanguissement ni surtension » dit saint Théophane le Reclus, « Le corps droit, les épaules effacées, le port de tête aisé. » Dans cette posture, l'homme est comme un arbre solidement enraciné en terre.
Toute la verticale repose sur une base : les fondations. A partir de ces fondations, il y a une poussée intérieure de « verticalisation » pour « pénétrer » le ciel… L'homme est tout entier dans une posture « d'action », tout en étant tranquillement assis. C'est l'idée que l'on retrouve dans les arts martiaux d'être « en garde » … Plus grande est la vigilance, plus rapide et juste est l'action ! La vigilance est proportionnelle à la détente, et notre détente dépend de notre présence aux sensations corporelles…